L’histoire d’Antique Electro…

 

 

 

Je me présente, François Dubuc technicien en électroménagers depuis le début des années 1990. J'ai appris mon métier dans une entreprise de services et de vente d'électroménagers usagés. Mon père est un des 3 piliers de cette P.M.E. qui se nomme Le Réparateur, située à Sherbrooke (Rock-Forest) en Estrie. Au printemps 2001 j'ai déniché un réfrigérateur de marque Frigidaire. A ce moment là, je n'avais aucune idée de l'âge exact, ni de l'état mécanique, mais j'aimais le modèle. Après une quarantaine d'heures de restauration (surtout esthétique car la mécanique était complètement fonctionnelle) je lui ai redonné son aspect de neuf. Je l'ai depuis dans ma maison comme second réfrigérateur et élément de décor magnifique...

Quelques mois plus tard, sur Internet, en cherchant des renseignements pour mon ''Frigidaire'' j'ai découvert Antique Appliances.com. Cette entreprise américaine de la Georgie, depuis plusieurs années, se spécialise dans la restauration et la vente de ces trésors du passé. J'ai eu des heures de plaisir à découvrir et à apprendre ce qui s'était fabriqué dans le passé de l'électroménagers que je croyais bien connaître. J'ai, grâce à leur inventaire impressionnant, estimé l'année de fabrication de mon réfrigérateur à 1934. Tout comme je venais de faire avec le mien, ces artisans redonnent vie à ces articles qui pour la plupart auraient finis au dépotoir. Pourquoi pas?

A l ’été  2002 , je me suis construit un garage  qui m’a servi d’atelier jusqu’à l’été 2015. J'ai depuis 2003 , participé en tant qu'exposant, à plusieurs salons d'antiquités au Québec. Depuis 2004, j'ai petit à petit  réduis mes heures de travail au Réparateur pour me consacrer de plus en plus à Antique Électro , « mon entreprise ».  C’est depuis l’hiver 2006-2007 que je consacre tout mon temps à cette passion qui me fait maintenant vivre…

 

En 2008, par la magie du monde de l’Internet, un homme s’intéresse à ce que je fais, lui à Paris, moi à Sherbrooke…  Tout comme moi quelques années plus tôt avec une entreprise américaine, Samuel découvrait qu’il n’était pas seul au monde à admirer et aimer le design des appareils d’autrefois…Depuis quelques temps, ce nouveau passionné du frigo, achète un après l’autre des trésors ici et là aux alentours et dans Paris où il vit depuis toujours. De 2008 à 2015, Samuel aura traversé l’océan 5 ou 6 fois pour des stages de 3 à 7 semaines avec moi ! Frigo Collection à Paris prends forme de plus en plus depuis 2015…

 

Été 2010, plus de 100 de mes appareils  sont dans 2 granges chez des amis qui vendent leur ferme près de Richmond.  Je dois donc relocaliser cet inventaire et en profiter pour améliorer les conditions d’entreposage qui ne sont pas idéales à long terme.  J’ai donc loué un local-entrepôt où il est à présent facile d’y recevoir des clients pour voir près de 100 appareils sous le même toit. Je continue mes restaurations dans mon atelier à la maison. Je peux dorénavant amener mes clients à ce local pour présenter mes appareils prêts à vendre et une bonne partie de mon inventaire à restaurer qui était beaucoup moins accessible avant.

 

Les ventes et les contrats de restaurations augmentent d’année en année et la logistique du garage 12 pieds par 27 pieds pour restaurer  plus de 2-3 appareils à la fois n’est plus possible ! Antique Electro doit changer de forme pour améliorer son efficacité.

 

Depuis l’été 2015, c’est à partir du 27 De La Glacière à Sherbrooke que les restaurations d’Antique Electro se font ! Ce nouvel atelier, bien situé et surtout plus grand donne un nouvel envol à mon entreprise que je considérais jusque là d’artisanale. C’est avec l’aide de mes fils et de mon père que j’ai aménagé ce nouveau local durant l’été. Le nombre de restaurations à faire grandissant et les dépenses plus élevées me font prendre conscience que je dois avoir de l’aide pour sortir plus rapidement le travail à faire. Mon père m’a donné beaucoup de son temps depuis 2013 pour m’aider quelques heures par semaine, parfois même quelques jours ! Je me dis donc qu’un 2 iè gars pourrait avoir suffisamment de travail avec moi ! Mais qui ? C’est donc après quelques bières avec mon jeune frère Jonathan, technicien lui aussi pour Le Réparateur, que « Le gars » était trouvé ! Les derniers mois 2015 à 2 jours semaine m’ont convaincu que c’est lui « la relève d’Antique Electro ». Il a donc lui aussi abandonné son emploie pour Le Réparateur et est depuis 2016 pratiquement à temps plein avec moi. Amenez-en des projets !

 

Je travaille maintenant à structurer, organiser et renforcer l’entreprise pour améliorer mes délais, assurer un roulement de restaurations et de ventes dans un seul but : faire de plus en plus de clients heureux et satisfaits pour ainsi  assurer l’avenir d’Antique Electro 2.0…

 

 

Merci à tous mes proches et à tous mes clients qui croient en moi et qui m'encouragent à continuer!

 

François Dubuc

 





Depuis quand les gens peuvent-ils cuirent leurs aliments grâce à l'électricité? Je ne m'étais jamais vraiment posé la question avant de connaître Antique Appliances aux Etats-Unis. Cette entreprise de vente et de restauration de vieux appareils m'a appris qu'il y avait des cuisinières électriques dès le début des années 1920... Y en avait-il avant ?

Mes recherches m'ont amené à me poser une autre question: depuis quand y a t-il de l'électricité dans ma ville? J'ai trouvé cette réponse sur le site d'Hydro- Sherbrooke : le 24 juin 1880, les sherbrookois voient pour la première fois l'éclairage électrique. Le cirque Forepaugh en fait la démonstration lors d'une représentation. Sherbrooke compte alors 8000 habitants. En avril 1888, plusieurs hôtels, magasins et bureaux de la rue Wellington sont enfin alimentés en électricité. La Royal Electric Co. Compte alors une cinquantaine de clients. La construction de centrales hydroélectrique, comme à Sherbrooke, devient de plus en plus répandue dans les grandes villes et ce à travers le monde.

Plusieurs utilisations de l'électricité dans la vie quotidienne font leurs apparitions. C'est dans les années 1890 que la cuisinière électrique fait son entrée dans l'histoire. Différents spécimens seront présentés lors d'expositions, en 1891 au Crystal Palace de Londres, en 1892 à l'exposition colombienne de Chicago et la « Shindler-Jenny » (cuisinière électrique complète, brevetée) à l'exposition nationale suisse à Genève en 1896. Au début des années1890, le modèle Silent Servent de Copeman est reconnu comme la première cuisinière électrique commercialisée au Québec, on l'appellera aussi « la cuisinière sans flamme ».

Selon l'association canadienne de l'électricité, la première "production'' de cuisinières électrique daterait seulement de 1921... Cependant en février 2005, La Tribune ( quotidien de Sherbrooke ) fêtait son 95ième anniversaire. Une édition spéciale était distribuée pour l'évènement. Plusieurs articles et publicités nous rappelaient l'évolution de notre ville et de ses habitants sur presque un siècle. Une publicité attira mon attention, elle annonçait une cuisinière électrique mais… cette annonce a paru dans le quotidien La Tribune en 1919. Donc la réponse à la question : à quand remonte la première cuisinière? Varie donc selon la source que l’on consulte!!!…

Je crois qu'avant 1920 il était très rare de voir une cuisinière électrique. Seuls les habitants des villes avaient l'électricité au début 1900. Donc, si on considère qu'à cette époque la population vivait en grande partie à la campagne, très peu de gens pouvaient profiter de cette nouvelle technologie, graduellement, l'électricité a rejoint les campagnes et les villes plus éloignées. Ce n'est que dans les années 1950 que tous les habitants (ou presque) ont finalement été reliés à un réseau électrique.

Avant les années 1950, les poêles à bois, au charbon et au gaz se partageaient la plus grande part du marché. Petit à petit, de 1920 jusqu' à la fin des années 1950, le poêle électrique a remplacé ses prédécesseurs pour devenir le plus populaire auprès des utilisateurs. Les fabricants attiraient les acheteurs avec des cuisinières de plus en plus adaptées à leurs styles de vie.

Dans les années 1920 et 1930, la simplicité et la robustesse des pièces, nous rappelle celle des poêles à bois. La plupart de ces modèles avaient un bouton de contrôle par élément, avec lequel l'utilisateur contrôlait la température des ronds et du four. Seulement 3 positions ( low – med – high )était suffisant pour satisfaire les besoins des gens de l'époque qui ne tenaient sûrement pas à se compliquer la vie avec des lumières, des contrôles automatiques et une horloge qui auraient été superflus... La fonte et la tôle émaillée de ces poêles sur pattes souvent 2 couleurs, leurs donnent une allure classique qui n'a rien de ressemblant au cuisinière d'aujourd'hui. Tout récemment, j'ai déniché une « Electrochef », une cuisinière des années 1930 d'un style « art déco » que je n'avais jamais vu auparavant. Sous le nom Electrochef, l'enseigne dit :« For the modern women », ce qui en dit long sur la place de la femme à l'époque...!

Dans les années 1940 et 1950, les fabricants étaient de plus en plus nombreux et les équipements sont arrivés pour en offrir toujours plus. L' émail blanc, le chrome, le design et les nombreux équipements donnent à ces bijoux une allure « rétro » qui rappelle celle des autos de l'époque. Elles étaient souvent équipées de 2 fours, d'un réchaud, de tiroirs de rangement, d'horloge avec système automatique pour le four, de lumières, et parfois même jusqu'à 5 ronds... J 'imagine très bien la femme de maison qui occupait ses journées à cuisiner pour sa famille de 6-7 enfants ou plus.... Encore une fois les fabricants étaient à l'écoute des besoins du temps.





Selon « Le livre mondial des Inventions », la première expérience du froid artificiel viendrait de l’ Ecossais William Cullen. C’est en 1755 qu’il a obtenue un peu de glace par vapeur d’eau sous une cloche à vide.

En 1805, à Philadelphie (U.S.A), Olivier Evans présenta le prototype d’une machine frigorifique à compression d’éther. La nouveauté de ce principe était d’un processus en circuit fermé. Ce procédé sera breveté en 1834 par l’américain Jacob Perkins.

Une autre façon d’obtenir du froid était déjà connue au 18ie siècle: le principe de la détente d’air. En 1844, un médecin américain de la Floride, John Gorrie, l’appliqua sur une machine pour soulager ses malades. Il obtint un brevet anglais pour son invention en 1850. Ce n’est qu’en 1851 que son brevet fut reconnu aux Etats-Unis, car cette machine avait créé un scandale: certains l ‘accusaient de vouloir concurrencer Dieu en fabriquant de la glace à n’importe quel moment de l’année…

C’est le français Charles Tellier qui construit en 1856, la première armoire de conservation à absorption. En 1859,un autre français, Ferdinand Carré fit breveté une machine à fabriquer des glaçons. En se liquéfiant, le fluide réfrigérant créait le froid et était ensuite aspiré par une autre substance sans l’aide d’un compresseur. Cette réfrigération par absorption à l’ammoniac est toujours utilisée aujourd’hui pour les réfrigérateurs de roulottes ou de motorisés. Le principe est simple: à l’aide d’un brûleur au propane ou d’un élément électrique on augmente la pression d’un réservoir de réfrigérant à l’extérieur du réfrigérateur pour le faire circuler vers une autre pièce pour se liquéfier et donner le froid à l’intérieur de notre réfrigérateur. En 1862 Ferdinand Carré présenta à l’exposition international de Londres un autre appareil à absorption qui sera adopté par le monde entier pour produire de la glace artificielle.

Un premier brevet pour une machine réfrigérante à compresseur à l’ammoniac fût émit en 1872 à David Boyle , un américain d’origine écossaise. En 1875, Charles Tellier triompha avec un réfrigérateur mécanique à compression. Cet appareil réussit avec succès à faire traverser l’Atlantique à un gigot dans un navire baptisé « Le Frigorifique».( Le voyage dura 3 mois).Ce n’est qu’en 1876 et 1877 que l’Allemand Karl Von Linde mit au point 2 machines du même genre qui seront commercialisées.

De son côté , le Suisse Raoul Pictet professeur de physique , utilisa le dioxyde de soufre comme réfrigérant dans un système à compression en 1874. Cette machine fût utilisée en 1876 pour la première patinoire artificielle de Londres.

Dans nos maisons, depuis la deuxième moitié du 19ie siècle, la glacière fait partie du mobilier. Un gros bloc de glace était livré deux fois par semaine en été. Le bloc se déposait dans la partie supérieure du meuble. L’air froid dégagé de la glace refroidit la partie inférieure par gravité . Ces meubles étaient construit en chêne ,en frêne ou plus tard en acier émaillé. L’intérieur était souvent en tôle galvanisée et muni d’un système d’écoulement pour diriger l’eau de la fonte vers l’extérieur du meuble. L’hiver, la glace était sciée sur le fleuve, les lacs ou les cours d’eau , pour être remisée dans des entrepôts. Les gros blocs étaient recouverts de sciure de bois pour les conserver jusqu’à l’hiver suivant. Les livreurs de glace découpaient de plus petit cubes avant de les distribuer à travers la ville. Ces entrepôts , avec l’arrivée de la réfrigération ,se sont transformés en fabrique de glace artificielle.

Jusque là , les composantes utilisées en réfrigération étaient énormes , un engin à vapeur ou un moteur à combustion servait à faire tourner le compresseur. C’est avec la venue des moteurs électriques que les unités de réfrigération ont diminué en volume. Au début 1900 , l’électricité de plus en plus populaire apporta une vague de nouveauté pour faciliter la vie quotidienne des citoyens de la ville. C’est en 1913 , à Chicago , que le « Domelre» a fait son apparition. Un unité de réfrigération électrique montée sur une glacière. Le premier réfrigérateur domestique était né. En 1914 , Kelvinator présenta un autre modèle qui sera largement commercialisé à partir de 1918. Le fabricant « Frigidaire» apparaît en 1919. Cette première génération de réfrigérateurs domestiques est plutôt l’ajout d’un système de réfrigération aux glacières déjà existantes. Cette mécanique était installée à coté du meuble et parfois même à l’extérieur de la maison. Deux tuyaux reliaient la mécanique à la boîte en forme de nid d’abeille qui remplaçait le bloc de glace à l’intérieur du meuble. Le fonctionnement était plutôt bruyant et les fuites de réfrigérant étaient fréquentes.

En 1926 , la Général Electrique innove avec le « Monitor top ». Son moteur électrique est à l’intérieur du système de réfrigération avec le compresseur ce qui élimine beaucoup les risques de fuites. Cette unité au dioxyde de soufre est monté directement sur le réfrigérateur avec son serpentin de refroidissement tout autour. Enfin un réfrigérateur fiable, silencieux et esthétique à la fois. Ce modèle sera fabriqué et vendu jusqu’en 1935 environ, et ce sans subir de grandes transformations.

Les fabricants entre sur le marché sur une plus grande échelle surtout dans les années 1930 . A cette époque nous pouvons rencontrer des Frigidaire , des Kelvinator , des Westinghouse mais surtout les Général Electrique. Cette génération de réfrigérateurs a une allure «classique» sur pattes, comme les cuisinières de l’époque. La mode «Art déco» arriva vers la fin des années 30 .Certains fabricants ont donnés ces formes art déco à leur nouveaux modèles.

Durant la guerre 1939-1945, il était difficile de se procurer un réfrigérateur dû à leurs popularités grandissantes et aux usines qui servaient l’armée en premier. En 1940 , environ 60% des foyers qui étaient alimentés en électricité possédaient un réfrigérateur électrique. Après la guerre, la multiplication des fabricants et la demande toujours grandissante de la part des citoyens , font apparaître une multitude de nouveaux modèles qui se font de plus en plus pratiques et fonctionnels. Jusqu’au début des années 1950 , les glacières ont petit à petit laissés la place à ce nouveau produit qui n’était désormais plus un «luxe». Le réfrigérateur était souvent le premier accessoire, après l’éclairage, que les gens se procurait lorsqu’ils se faisaient brancher au réseau électrique.

Durant les années 1950 , tout comme la cuisinière , le réfrigérateur avait une allure rétro avec ses formes arrondies , sa poignée et son emblème chromé. L’intérieur de ses modèles était souvent de couleur vert, jaune, bleu ou même rose. A part quelques modèles plus rares à 2 portes, la majorité de ses réfrigérateurs n’avaient qu’une seule porte extérieure et le congélateur était séparé du réfrigérateur par un tiroir pour recueillir l’eau lorsqu’on le faisait dégelé et d’une petite porte en plastique en avant de l’évaporateur(compartiment de congélation).

Quelques systèmes primitifs de dégivrage automatique font leurs apparitions vers le milieu des années 50. C’est avec l’arrivée des modèles plus carrés au début des années 60 que les 2 compartiments était complètement séparés avec 2 portes extérieurs. Les systèmes «sans-givre» sont dorénavant un très bon argument de vente pour les fabricants. Les modes des années 60 ont laissé l’imagination des fabricants nous offrir quelque couleurs originales mais tout de même très rare comme le jaune pâle , le brun cuivre , le rose et même le turquoise.

La fin des 1960 et les années 1970 ont convaincu plusieurs acheteurs de délaisser le traditionnel blanc pour les couleurs de l’automne… Le vert avocado, le jaune moisson, le rouge et le brun sont arrivés dans nos cuisines mais cette mode ne dura pas plus d’une décennie. L’amande plus délicat des années 1980 a donné le goût aux consommateurs de revenir au traditionnel blanc dans les années 1990.

Une chose est sûre, pour un fabricant, la seul façon de se démarquer est d’offrir le premier, sur ses modèles, la dernière technologie, le plus original des gadgets ,la dernière couleur à la mode …